L'Étrange Obsession (1959)
鍵
Un respectable professeur ne parvient plus à satisfaire les exigences sexuelles de sa jeune femme. Il s'aperçoit que la jalousie peut être un excellent stimulant. Il tente alors de rapprocher son épouse, Ikuko, de son jeune médecin Kimura, qui est aussi son gendre. Il profite du sommeil d'Ikuko pour la photographier nue et livrer les négatifs à Kimura. Mais cette manœuvre ne lui sert à rien : il est bientôt terrassé par une crise cardiaque.
- Date de sortie
- 1959-06-23
- TMDB
- 6.2 / 10 (36)
- Durée
- 1 h 47 min
- Genres
- Drame, Comédie
- Réalisateur
- Kon Ichikawa
Distribution
- Machiko Kyō — Ikuko Kenmochi
- Ganjirō Nakamura II — Kenji Kenmochi
- Tatsuya Nakadai — Kimura
- 叶順子 — Toshiko Kenmochi
- Tanie Kitabayashi — Hana
- Ichirō Sugai — Masseur
- 潮万太郎 — Dr. Kodama
- 山茶花究 — Curio Dealer
- 倉田マユミ — Koike
- 星ひかる — Police Detective
- 伊達三郎 — Police Detective
- 中条静夫 — Police Detective
Anecdotes
- Adapté de : La Clef
- Récompenses : 2 · Nominations : 1. Dont : Samuel Goldwyn International Award; prix du jury du Festival de Cannes
L'Étrange Obsession (鍵, Kagi) est un film japonais réalisé par Kon Ichikawa en 1959, librement inspiré du récit La Clef ou la Confession impudique de Jun'ichirō Tanizaki, publié en 1956. Le film, présenté au Festival de Cannes 1960, a obtenu le Prix du Jury, ex æquo avec L'avventura de Michelangelo Antonioni.
Production
L'œuvre s'inscrit dans la tradition du bungei-eiga, terme désignant l'adaptation cinématographique de la « littérature pure » (jun-bungaku), un genre noble et respecté au sein de la production nippone de l'après-guerre . En portant à l'écran La Clef ou la Confession impudique, roman licencieux de Jun'ichirō Tanizaki publié en 1956, Kon Ichikawa confirme sa réputation de cinéaste caméléon, capable de naviguer entre la satire sociale, la farce maca…
Pour cette production, le réalisateur s'entoure de ses collaborateurs les plus fidèles, notamment son épouse et scénariste Natto Wada, qui réussit le tour de force de transformer un récit épistolaire complexe, initialement basé sur des journaux intimes croisés, en une narration visuelle incisive et frontale .
Le film s'appuie sur une distribution d'une grande profondeur dramatique, menée par Ganjirô Nakamura, acteur fétiche de Yasujirō Ozu, qui prête ses traits au patriarche Kenmochi, figure à la fois pathétique et monomaniaque . Face à lui, Machiko Kyô, icône du cinéma japonais révélée par Rashômon, incarne Ikuko avec une retenue troublante, symbolisant une féminité prise entre le carcan des traditions et l'appel de la transgression moderne.
Le roman de Tanizaki est une œuvre épistolaire qui entrecroise les journaux intimes du mari et de la femme, créant une « guerre des sexes » diffuse et complexe . Ichikawa transpose ce récit en une narration cinématographique linéaire, utilisant des procédés visuels comme des arrêts sur image pour réagencer l'histoire .
Alors que le roman se concentre initialement sur un triangle amoureux (le mari, la femme, l'amant), le film transforme cette dynamique en un rectangle d’obsessions en intégrant pleinement la fille, Toshiko, dans le jeu de perversions . Dans le film, la fille devient un personnage central qui observe et facilite parfois les déviances de ses parents, alors que le roman laisse planer plus de zones d'ombre sur son implication .
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